Papiers plies 2000 m

 De la marionnette au ‟théâtre d’objet” 

Agnès Limbos

(éditorial), Papiers pliés

3etrimestre 2000.

« Ainsi font font les petites marionnettes », dit la chanson… « Trois petits tours et puis s’en vont », disent les enfants en cachant leurs mains derrière leur dos et en riant très fort.
Ici, la main est la marionnette et tout le monde y croit. 

De ces “3 petits tours et puis s’en vont”, je garde une envie de formes simples et souvent mes mains me démangent.
Au fil du temps, je me suis laissée prendre à collectionner des objets, des sujets en plastic, en fer, manufacturés, des tissus extirpés d’un lot, objets du quotidien, reconnaissables par tout le monde.
A l’instar de la marionnette fabriquée par son création, j’ai pris goût à la récupération et trouvé là une manière de revisiter le monde. Il y a de la fascination dans l’objet qui prend vie, soudainement parce que quelqu’un le prend avec sa main, le fait bouger, le regarde, le pose, le “manipule” et nous renvoit une forme poétique. L’objet et l’acteur. C’est la distance entre les deux qui naturellement crée un langage visuel, le petit objet et la grande personne qui joue.
La marionnette m’a guidée vers le “théâtre d’objet”, une forme nouvellement cataloguée dans la grande famille de la marionnette. Il y a le désir de raconter des histoires autrement, d’inventer une écriture visuelle, d’utiliser l’objet comme une voyelle ou une consonne, de faire se rencontrer d’autres objets et de faire naître une certaine poésie, de l’humour, de la dérision.
Cela me permet de “faire mon cinéma”, de dominer un petit univers qui souvent se limite à la grandeur de la table de petit déjeuner mais sur laquelle l’imaginaire s’imposer.